La Tunisie jouit de plusieurs atouts : un environnement stable, un cadre de vie agréable, proximité de l’Europe et délais de livraison courts, un environnement favorable à l’investissement, libre accès aux marchés, ressources humaines qualifiées, infrastructure fonctionnelle sans cesse en amélioration, essor remarquable des investissements étrangers, un guichet unique pour simplifier toutes les procédures administratives, de nombreux avantages pour les entreprises totalement exportatrices, une législation claire et très favorable à l’investissement regroupée en un code unique, une véritable protection juridique pour l’investisseur, un marché de change avec une liberté de transfert…
Jouissant de tous ces atouts renforçant sa compétitivité, le site tunisien possède des secteurs porteurs tels que les industries mécaniques, les industries électriques et électroniques, les TIC, la plasturgie, le near shoring.
Voici un panorama de ces secteurs :
Les industries mécaniques
Premier secteur récepteur d’IDE et premier secteur exportateur, le secteur des industries mécaniques a réussi en peu de temps à prendre le devant du paysage industriel tunisien traditionnellement dominé par le secteur textile et habillement. Il ressort de l’étude de positionnement stratégique rendue publique à la mi-février 2007 par l’Agence de promotion de l’industrie (API) que la branche des composants automobiles mécaniques et leurs accessoires, principale activité du secteur, compte environ 84 entreprises, dont 29 sont totalement exportatrices et emploient 59% des 10.242 emplois créés par l’ensemble du secteur. L’étude indique également que 37 des 84 entreprises ont une participation étrangère dans leur capital avec la France en première position (21 entreprises), suivie de loin de l’Italie avec seulement 6 entreprises. Les principaux marchés en 2005 étaient la France avec 44%, l’Italie avec 24%, l’Espagne avec 9%, l’Allemagne avec 5%, et les Pays-bas avec 4%. Selon cette étude, la branche des composants automobiles mécaniques a plusieurs forces dont la proximité du marché européen, la modernisation de l’outil de production, l’application des méthodes de gestion, la certification selon ISO/TS 16949 version 2002, la flexibilité d’adaptation à de nouveaux marchés ou de nouveaux clients, la qualité et le coût de la main-d’œuvre, et la disponibilité de centres techniques… Il est à constater que le secteur s’est hissé ces dernières années à un palier supérieur en technicité avec l’éclosion d’unités industrielles dont les premiers clients ne sont autres que les constructeurs et équipementiers aéronautiques et se présente à terme comme l’un des secteurs les plus compétitifs de la Tunisie.
Les industries électriques et électroniques
L’industrie manufacturière électronique et électrique qui enregistre une croissance continue depuis les années 1990 et qui suscite l’intérêt d’un certain nombre d’investisseurs internationaux, est rapidement en passe de devenir l’une des forces motrices de l’économie tunisienne.
En 2006, le secteur représentait environ 20% de l’ensemble des exportations tunisiennes qui s’élevaient à hauteur de 11,6 milliards de dollars. Les ventes à l’étranger ont enregistré une progression nettement supérieure à la croissance du marché intérieur de 12,6% en moyenne.
Le secteur, comme beaucoup d’industries en Tunisie, s’est consolidé à l’issue de l’accord de libre-échange avec l’UE, grâce auquel les biens industriels tunisiens ont désormais libre accès aux marchés européens et sont exemptés de droits de douane.
C’est en partie cet accord commercial avec l’UE, ainsi que d’autres accords similaires signés avec les pays africains et du Moyen-Orient, qui ont incité un certain nombre de sociétés électroniques à s’installer en Tunisie. Cisco, STMicroelectronics, Delphi, General Electric, Siemens, Valeo, Lucent Technologies, Lear, Alcatel, Microsoft et Philips font partie de ces sociétés internationales qui ont choisi d’implanter leurs opérations en Tunisie.
Le secteur emploie directement quelque 45.000 tunisiens, et bien plus encore si on tient compte des postes créés par les sous-traitants. Par ailleurs, le gouvernement apporte son appui financier en matière d’éducation et de formation en électronique afin d’augmenter l’offre de main-d’œuvre qualifiée suivant les évolutions technologiques du secteur.
La Tunisie offre un certain nombre d’avantages fiscaux aux entreprises étrangères opérant dans le domaine électronique et technologique qui souhaitent s’installer en Tunisie, notamment à travers les parcs industriels dédiés aux industries technologiques. L’Etat couvre également les frais de formation pour la population locale, et met à disposition des sociétés étrangères l’exonération ou le remboursement des droits de douane et autres taxes pour les biens d’équipement ou les matériaux de production importés.
La plasturgie
Lancée pour la première fois en Tunisie en 1958, pour répondre à des besoins purement domestiques, l’industrie du plastique compte aujourd’hui près de 400 entreprises dont 60 totalement exportatrices et enregistre un taux de croissance annuelle de 8%. La France est le premier investisseur étranger dans le secteur (75% des capitaux étrangers investis dans le secteur) et le premier client avec 58% du total des exportations suivie par l’Allemagne et l’Italie (9% pour chaque pays).
Avec l’émergence de la plastique technique comme fer de lance, notamment en termes d’exportations, la valeur ajoutée du secteur représente aujourd’hui le tiers de la valeur de la production et se monte à plus de 10.000 euros par emploi. Selon les professionnels du secteur, la plasturgie tunisienne a atteint en dix ans (1995-2005) un niveau de technicité pour lequel certains pays européens ont mis beaucoup plus. Ainsi, le taux de rentabilité du secteur en Tunisie évalué par le Bureau d’études Ecorys-NEI serait de 6,43, soit une performance qui dépasse aussi bien celle enregistrée par les pays de la concurrence (Hongrie, Maroc, Pologne) que certains pays développés (Allemagne, France, Espagne, Italie). Le potentiel humain dont dispose le secteur serait l’une de ses sources de succès. Des équipementiers de renom, tels que Valeo, Faurecia, Autoliv, Bosch, Sagem n’ont pas hésité à élire la Tunisie pour site de fabrication de leurs pièces en plastique les plus complexes.
Les TIC
S’il est une révolution qui a marqué l’ère post-industrielle, ça serait sans doute celle des technologies de l’information et de la communication. Consciente des enjeux socioéconomiques de cette révolution, la Tunisie s’est tout de suite imposée comme acteur majeur sur la liste des pays ayant mis à profit les TIC pour bâtir une société de savoir dont la dynamique de croissance est fortement animée par les activités de services à fort quotient intellectuel. L’organisation par l’ONU en 2005 à Tunis de la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information a représenté, de l’avis des spécialistes, une marque de reconnaissance à l’égard de l’exceptionnelle croissance qu’a connue le secteur des TIC en Tunisie (24% en 2005).
Le secteur des TIC contribue actuellement à hauteur de 13,5 du PIB contre 8% en 2005 et seulement 2,5% en 2002. Alors qu’en termes d’emplois créés, le secteur enregistre l’un des taux les plus élevés en matière de recrutement de compétences hautement qualifiées (entre 3.000 et 4.000 par an). Côté investissement, le secteur bénéficie d’une attention particulière de la part des autorités tunisiennes et on retient le volume croissant des dépenses en infrastructure et en ressources humaines : près de 7.000 diplômés des filières des sciences de l’information et de la communication sont disponibles tous les ans sur le marché de l’emploi. Pour des compétences équivalentes à son collègue européen, l’ingénieur informaticien tunisien revient à un coût 4 fois moins cher.
L’éclosion d’activités en relation directe avec les TIC n’est plus aujourd’hui à porter au crédit des seules entreprises tunisiennes, mais également des entreprises étrangères qui n’ont pas hésité longtemps pour élire domicile en Tunisie pour le développement de solutions informatiques ou autres activités dont les clients sont souvent des grands noms de l’industrie mondiale.
Le nearshoring
Jusqu’à un passé proche, la Tunisie représentait un site idéal pour l’implantation d’activités industrielles tournées vers l’exportation. Aujourd’hui, le pays se trouve également parsemé de centres de services partagés, unités de R&D et autres structures de production dont le capital de base est plutôt l’intelligence humaine.
Sur les 400.000 étudiants inscrits dans les universités et instituts tunisiens, près de 40.000 poursuivent des études en relation avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Alors que plus de 7.000 diplômés en ingénierie informatique et autres filières liées aux applications TIC sont mis annuellement sur le marché de l’emploi.
C’est ainsi que le facteur humain a constitué la première attraction pour les grosses boîtes internationales impliquées dans le BPO et le KPO pour faire de la Tunisie une plateforme régionale pour l’accueil des activités de services à forte valeur ajoutée.
Le multilinguisme des diplômés tunisiens conjugué à une proximité culturelle de l’Europe constitue un plus non moins important dans la consolidation du positionnement de la Tunisie en matière de nearshoring. L’infrastructure mise en place répond parfaitement aux besoins de l’entreprise moderne et permet une réactivité du reste très recherchée par une entreprise évoluant sous des conditions de concurrence très exigeantes.
Dans une récente étude réalisée par le cabinet de conseil international Ernst & Young pour le compte de FIPA Tunisia, il ressort que les secteurs clés de l’économie du savoir recèlent des opportunités certaines pour les investissements directs étrangers.
Intitulée «Economie du savoir et attractivité de la Tunisie en matière d’IDE», l’étude a démontré que les cinq années venir vont connaître un envol remarquable des IDE à fort quotient d’innovation (IQ) en Tunisie. L’attractivité de la Tunisie serait, de ce fait, marquée par l’émergence de secteurs jusqu’ici peu familiers du sol tunisien.
Les centres de services partagés, les TIC, les sciences de la vie et l’électronique embarquée sont des segments dont la Tunisie dispose d’avantages compétitifs non indéniables par rapport aux pays de la concurrence, démontre l’étude qui s’est basée sur des comparaisons internationales dans ses conclusions.
La Presse
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