Les quatre DPA et l’Office de mise en valeur agricole de Meknès-Tafilalet se penchent sur le projet.
Les agronomes relevant des Directions provinciales de l’agriculture DPA de Meknès-Tafilalet et de l’Office de mise en valeur agricole de Tafilalet sont sur pied de guerre. Ils travaillent sur l’élaboration d’un plan de développement agricole régional qui sera présenté la semaine prochaine au ministère de l’Agriculture.
Ce plan d’action est inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’ambitieux plan Maroc vert lancé par le ministère de l’Agriculture pour la modernisation et le développement de l’agriculture marocaine. «Nous avons à ce titre organisé une série de rencontres avec les agriculteurs et tous les intervenants dans le secteur agricole sur le plan vert et ses déclinaisons au niveau de la région de Meknès-Tafilalet. Les grandes lignes ont été présentées il y’a quelques jours par le directeur de la DPA de Meknès lors d’une journée d’étude devant un parterre d’acteurs agricoles du bassin de Saiss.
Trois ateliers ont été également consacrés à l’étude des filières de l’olivier, des céréales et des fruits et légumes», indique Moha Alibouch, responsable de la production agricole à la DPA de Meknès. Il s’agit de sensibiliser les différents intervenants agricoles sur l’importance du plan Maroc vert dans le développement d’une agriculture à forte valeur ajoutée, la mise en place d’une politique d’accompagnement ciblée faisant valoir la promotion de la formation professionnelle, l’introduction des nouvelles technologies, la modernisation de l’agriculture et une restructuration profonde de l’économie agricole. Sur le plan international, la stratégie a pour objectif la création d’un espace agricole et rural performant afin de répondre aux besoins croissants de la population et de promouvoir une agriculture capable de relever les défis de la concurrence sur les marchés internationaux.
«Cette journée d’étude a surtout pour objectif de conforter la vision du développement agricole de la région des agronomes et responsables des services au niveau des quatre DPA de Meknès-Tafilalet et de l’Office de mise en valeur agricole de Tafilalet avec celle des opérateurs agricoles : agriculteurs, coopératives, fournisseurs d’intrants et de matériels agricoles… ainsi qu’avec celle des autorités de la région de Meknès-Tafilalet pour aboutir à une vision commune du développement de la région et des filières les plus porteuses et pouvoir répondre aux besoins de la région en la matière ainsi que des attentes des agriculteurs », explique-t-il. Le choix des filières tient aussi compte des potentialités offertes au niveau de la région ainsi que du nombre des exploitants. «La région abrite une agriculture mixte.
On rencontre souvent des agriculteurs qui produisent en même temps les céréales, l’olivier et les fruits et légumes comme on trouve de grandes exploitations modernes avec des spécialisations dans la vigne, l’olivier ou l’amandier. L’important pour nous est de pouvoir, via un plan d’action, orienter les exploitants vers les filières les plus rentables et les aider à améliorer la production et les rendements sachant que le plan Maroc vert prévoit de couvrir toutes les filières agricoles», précise Moha Alibouch. Les recommandations des ateliers organisés serviront aussi à mettre en place une monographie du secteur agricole au niveau de Meknès-Tafilalet. La question de l’eau était également au cœur des débats.
« L’agriculteur est de plus en plus conscient de la rareté de l’eau et de l’assèchement de la nappe phréatique puisqu’il est souvent obligé de creuser aujourd’hui à 40 m2 pour trouver de l’eau alors qu’auparavant il pourrait trouver de l’eau à 24m2», indique le responsable de la production agricole au DPA de Meknès. La stratégie nationale table par ailleurs sur la rationalisation et la bonne gestion de la ressource notamment à travers le développement des méthodes d’irrigation, la collecte, traitement et éventuellement la mise en place des ouvrages nécessaires.
Il est aussi question de mettre en place une carte hydrique pour maîtriser cette denrée rare et rationaliser sa gestion. Mieux encore, pour une meilleure utilisation des ressources en eau, l’Etat a annoncé dans le cadre du plan Maroc vert l’encouragement des cultures économes en eau comme l’olivier, l’amandier, le figuier de barbarie et le caroubier.
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Contrats-programmes
Aziz Akhenouch, ministre de l’Agriculture a annoncé, lors du lancement du plan Maroc vert, la réalisation de l6 plans régionaux et 8 contrats-programmes, dont les premiers (aviculture, agrumes, engrais) ont été signés à l’occasion des premières Assises nationales du secteur. Pour le développement d’une agriculture à forte valeur ajoutée, le ministre cible 400.000 exploitations avec un investissement potentiel de 110 à 150 milliards de dirhams pour la réalisation de 700 à 900 projets. Pour la mise à niveau solidaire, il est question de cibler 600 à 800.000 exploitations avec un investissement cumulé de 15 à 20 milliards de dirhams.
Por Rachida Bami
Desde Le matin